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Je peux le sentir dans l'air ce soir...

Dernière mise à jour : 20 juil. 2022

Depuis 1981, il y a une batterie qui roule quelque part dans ma tête, sur un rythme bien particulier, reconnaissable entre tous...

Un jour de 2017, un jeune analyste financier, un peu fier de lui et de sa vingtaine d'années toute mouillée, prend à partie le "groupe des vieux" (traduction : des dinosaures de plus de quarante ans - ceux au-delà sont des strates géologiques...), et lui balance ces trois secondes de musique en clamant :

"Je parie 10 € que personne ici ne va reconnaître ce truc. Impossible."

Réponse automatique à la seconde 2 (devinez de qui) :

Phil Collins. In the Air Tonight. 1981.

Stupeur de l'assemblée, consternation du public de moins de 40 ans, gloussements chez les autres. Le jeune clampin n'en revient pas.


"Pas d'bol, mon gars, c'est ma chanson préférée. Favorite. Fétiche.

Celle que j'ai mis à fond dans la voiture la première fois que je suis allée à Miami."


Pause.

Hein ? Miami ? Qu'est-ce que ça vient faire là ?

Retour en arrière.

1986. Vous êtes en France, au fin fond de la province, vous ne savez pas où se trouve Miami sur une carte, tout juste que la Floride est cet état américain plein de marécages, de moustiques et de crocodiles (vous apprendrez plus tard que ce sont en fait des alligators), qui n'a eu qu'un mérite : celui d'abriter la base spatiale de la NASA d'où est partie la fusée Saturn V propulsant des hommes vers la Lune, un certain mois de juillet 1969. Non, vous ne faites pas partie de ceux qui ont vu l’événement. Pas parce que vous n'étiez pas née (vous espériez me prendre en défaut d'honnêteté sur ce coup-là, avouez !), mais parce que vos parents n'avaient tout bonnement pas la télévision (oui, il y a eu un temps où ça a existé - parole de fossile).


En 1986 donc, cette télé, couleur depuis quelque temps (si, si, on a progressé, socialement...), vous annonce une nouvelle série qui casse la baraque aux USA. Ce n'est pas qu'une nouvelle histoire de flics vous fasse sauter au plafond (on a déjà pas mal donné avec Starsky et Hutch, on ne compte plus les rediffusions des rediffusions, sans compter celles de Magnum). Mais il n'y a tout simplement rien d'autre en ce moment. Ça simplifie rudement les problèmes cornéliens de choix, au moins.

Quelques jours après votre vingtième anniversaire : Miami Vice, Saison 1, épisode 1 en deux parties d'une heure (ça commençait très fort !). Le choc. Bouche bée. Ce sont des images comme on n'en a jamais vues : réalistes, non, ça n'est pas possible. Et pourtant... Ces décors exotiques, ces voitures de rêve (ah, la Ferrari Daytona noire... et plus tard, la Testarossa blanche...), ces coupes de cheveux brushées (rappel : on est dans les années 80, hein... indiscutable !), ces costumes de créateur... Et Sonny Crockett... (Il a existé ? Vraiment ? Silence, les hormones ! [Gros, gros soupir...]).


Mais ce n'est pas tout...

Le principal personnage de la série, tout bien considéré, c'est la musique.

Tout a été pensé en fonction de l'association image / musique. C'était révolutionnaire. Chaque épisode est une histoire racontée sous forme de clip. Depuis, comptez les séries qui ne s'appuient pas sur le couple visuel / son : ne perdez pas votre temps, il n'y en a quasiment plus (même les françaises s'y sont mises, c'est dire !).


Miami Vice, c'est léché, saturé, du papier glacé de magazine, stylé et quasi-hypnotique. Au point que le réalisme, hé bien... on s'en fout !


Et dans ce fameux épisode pilote double, se trouve la scène mythique entre toutes : une longue ballade tendue en Ferrari sur Biscayne bv, de nuit (avec un arrêt à une cabine téléphonique qui doit faire halluciner les Milléniums, sans parler du design de l'appareil fixe !), prises de vues au ras de la route, tous chromes et capot rutilants dehors. Même les néons font de la mise en scène.


Pour le plaisir, revoyons ce morceau de bravoure, et écoutons le Maître, Phil Collins :

La chanson restera si iconique de la série, qu'elle sera réemployée en 2006, quand Michael Mann, le créateur de la série version 1980, l'adaptera pour un film discutable (en tout cas discuté), sans Phil Collins mais avec une reprise du groupe Nonpoint :

Si Miami Vice est un phénomène, In the Air Tonight est un carton absolu pour Phil Collins. Ce sera non seulement son titre fétiche à titre personnel (et pourtant, avec Genesis ou en solo, il n'a pas été avare, le bougre...), mais le nombre de reprises est affolant. Si vous avez Deezer, Spotify ou Amazon Music, vous allez être bluffé : de la version "berceuse" à la "hard-rock-metal", en passant par la symphonique ou la jazzie-reggae, c'est festival (pas toujours du meilleur goût, à vous de trouver le vôtre !).


Et comme rien n'est finalement meilleur que l'original (poussez le son à fond, c'est du bon !) :

Voilà, vous avez compris : In The Air Tonight - Miami, c'est une association durable dans mes connexions neuronales.


Et je vous parie que si vous y faites un tour, vous écouterez cette chanson.

10 €.


Bon, pour la forme : tous les droits, etc, etc... (C'est vrai quoi, respect des auteurs !)

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